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Hallux valgus

Forme débutante

L’oignon ou hallux valgus est la principale déformation observée au niveau de l’avant-pied. Il s’agit d’une déviation du gros orteil qui part vers l’extérieur.

L’inflammation, ou rougeur de l’articulation du gros orteil, constitue la première manifestation douloureuse, nommée «bursite».

 

L’hallux valgus est ainsi la déformation la plus souvent rencontrée au niveau des pieds :

Le premier métatarsien, l’os long en amont du gros orteil (metatarsus en « latin ») est déplacé en dedans (varus), et le gros orteil (hallux) en dehors (valgus).

De manière schématique, le premier métatarsien part vers l’intérieur, ce qui fragilise la capsule articulaire du gros orteil en interne. Le tendon extenseur du gros orteil, celui qui permet d’élever le gros orteil vers le haut, va avoir un effet de corde d’arc, en se tendant. Ceci va amener le gros orteil à partir vers l’extérieur. Ce qui signifie qu’une fois constituée, la déformation peut au mieux se stabiliser, mais ne peut s’améliorer spontanément.

L’exostose ( ou bosse osseuse ), située au bord interne du pied ( et étant le sommet de l’angle de la déformation ), ou « oignon » (« bunion » chez les anglo-saxons ) naît et s’aggrave par le conflit avec la chaussure (bursite). Celle-ci est naît du fait de l’absence de bonne congruence articulaire, de l’os pousse à la place.

Premier stade ou (hallux valgus débutant).

La douleur, (au chaussage uniquement) apparait soit vers l’âge de 15-20 ans dans le cas d’hallux valgus congénital (33 %), soit vers l’âge de 40-50 ans dans les autres cas. Elle se manifeste, au début, au niveau de l’exostose, au contact de chaussures fines ou après une marche prolongée. Il s’agit d’une inflammation simple (aspect chaud, rouge, gonflé, douloureux) avec parfois une bursite (poche remplie de liquide) qui peut s’infecter. Ce premier stade peut s’avérer très douloureux même en cas de déformation minime. Inversement, une déformation majeure peut ne pas faire mal.

La radiographie montre que cette exostose se situe au sommet de l’angle formé par le gros orteil déporté en dehors et son métatarsien déporté en dedans.

A chaque pas va donc se produire un effet de « corde d’arc » (dû au tendon extenseur du gros orteil) qui rend la déformation irréversible tant que le métatarsien n’aura pas été redressé, ce qui ne peut se faire que par la chirurgie.

Deuxième stade de l’hallux valgus :

Deux évolutions possibles :

  • Les poussées douloureuses se succèdent et augmentent en intensité amenant à l’intervention.
  • Les poussées s’estompent et on observe une accalmie qui peut durer plusieurs années.

Cette accalmie est trompeuse car la déformation, en général, continue d’évoluer, même lentement,. Ceci aboutit aux déformations des autres orteils en commençant par le 2ème orteil.

Le gros orteil peut ainsi passer en dessous ou au-dessus de ce deuxième orteil. Cela entraîne des troubles à l’appui avec constitution de durillons, et déplacement de la douleur. Cette douleur sous le deuxième orteil peut alors masquer la douleur liée au gros orteil.

L’évolution naturelle de la déformation est donc la constitution de griffes d’orteils (en marteau). Ces griffes avec le temps deviendront irréductibles, avec nécessité opératoire, alourdissant alors le geste opératoire à réaliser le cas échéant. L’irréductibilité se caractérise par le fait qu’en tirant dessus, on ne peur remettre l’orteil droit.

Une difficulté au chaussage survient ensuite. Il faudra lors du renouvellement de la garde-robe choisir des chaussures de type bottines à bout arrondi l’hiver, et des sandales à « semelles épaissies » l’été. On diminuera la hauteur des talons, et on choisira des chaussures rigides en dessous, et souples au-dessus.

Les radiographies pré-opératoires sont indispensables afin d’étudier les orteils latéraux, pour évaluer l’harmonie de l’avant-pied. Celles-ci permettent ainsi d’anticiper un éventuel transfert de charge post-chirurgical pouvant engendrer des douleurs. Enfin, elles permettent de choisir le geste chirurgical le plus adapté au patient.